viernes, 22 de octubre de 2010

Québec en toutes lettres , un festival dedicado a Borges en Canada


Québec, Borges, tango Laberintos, espejos, fronteras, límites, el infinito, el tiempo. En un festival de literatura dedicado a Jorge Luis Borges no hay sólo charlas orientadas a su obra, sino que se abordan temáticas que exceden a la literatura. Eso está sucediendo en Québec en la primera edición del Québec en toutes lettres , un festival dedicado a Borges y en el que la ciudad de Buenos Aires es la invitada especial.

Hay de todo: desde conferencias de científicos, actividades de creación literaria a través de la red social Twitter (“twitteratura”), hasta propuestas para chicos (recrearon en un parque el Libro de los seres imaginarios ). También estuvo El Atlas de Borge s, la muestra con fotos del escritor y de María Kodama por el mundo, que se expuso en 11 sedes de la ciudad.




“ Québec se enamoró de Borges y su obra todavía inspira a lectores y escritores ”, dijo en la apertura Gilles Pellerin, uno de los directores del festival. “Los que ya conocían a Borges van a disfrutar de este festival. Los que lo conozcan a partir de ahora, van a disfrutar de la compañía de Borges durante toda su vida”, coincidió el ministro de Cultura de la Ciudad, Hernán Lombardi. Como parte de la folletería que se entregaba en las diversas sedes, se recomendaban las obras más accesibles para entrar al mundo Borges: Ficciones, El Aleph y El informe de Brodie .

Pero, ¿cuál es el vínculo real entre esta fría ciudad, que se dispone para recibir los 25 bajo cero que llegan cada invierno, y la Buenos Aires de Borges? “No tenemos en Québec una placa que dice Borges escribió aquí tal obra , pero la Buenos Aires de la que habla Borges se parece por momentos a Québec. La Buenos Aires de principios de siglo tiene cosas que se vivieron aquí muchos años antes. Así que compartimos más cosas de lo que podría creerse. Eso hace que un escritor se convierta en parte de tu universo, que sea algo tuyo, por más que haya nacido en un país tan lejano”, analiza Dominique Garon, codirectora del festival. “Lovecraft escribió sobre Québec y supongo que tendrá sus fans en Buenos Aires”, agrega Garon.

Como parte de la delegación argentina viajaron también los campeones mundiales de tango, Inés Bogado y Sebastián Jiménez. Fuera de la pista, es Bogado (30 años recién cumplidos) la voz de la pareja. Cuenta los próximos compromisos del dúo (bailarán en Europa y Asia) y Jiménez, apenas en su primer viaje, la mira con ojos entusiasmados por todo lo que tienen por delante. Cuando suena la música, Jiménez deja de ser el chico que todavía está en la secundaria y se convierte en varón. Dosifica fuerza y suavidad, y ahora es él quien lleva a Inés por la pista y por el mundo. Además de bailar en la inauguración, participaron en otras tres jornadas, incluida una clase de baile para la gente.

Las actividades seguirán hasta el domingo. Desde entonces, el mundo de Borges será, para muchos canadienses, algo todavía más cercano

Fuente : Clarin 22-10-2010
Diego Gedes - Quebec

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video

Gilles Pellerin, conseiller littéraire pour le nouveau festival Québec en toutes lettres, parle de Jorge Luis Borges

Québec en toutes lettres

Québec en toutes lettres est un nouvel événement littéraire thématique présenté dans la ville de Québec par L’Institut Canadien de Québec, en étroite collaboration avec de nombreux partenaires du milieu. Il propose chaque automne au grand public des audaces, des découvertes, des défis d’écriture et de lecture, une densité de manifestations littéraires placées sous le signe de la curiosité et de l’inusité.

Québec en toutes lettres répond au besoin du milieu littéraire de Québec qui désire depuis longtemps un événement d’envergure à l’automne. Il permet d’offrir une vitrine aux différents intervenants du milieu littéraire, de donner un tremplin à la relève littéraire, de positionner la ville de Québec comme capitale littéraire, de concrétiser le jumelage entre les villes de Paris et de Québec, tout en matérialisant l’une des orientations de la Maison de la littérature qui vise à augmenter l’impact de la littérature dans la société, à montrer qu’il est possible à ceux qui œuvrent en littérature, ou qui choisiront de le faire, de se réaliser à Québec.

Chacune des éditions met en lumière un auteur ou une auteure d’envergure qui a su innover en littérature et dont l’œuvre est susceptible d’inspirer de nouvelles générations d’auteurs et de lecteurs. Chaque édition est unique puisqu’elle est imprégnée de l’œuvre de l’auteur choisi.



La première présentation a lieu du 14 au 24 octobre 2010 et porte sur l’écrivain Jorge Luis Borges à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance de l’Argentine.

Cet événement a fait l’objet d’une annonce lors de Québec horizon culture en février 2009 et est accompagné d’un financement de la Ville de Québec à la hauteur de 250 000 $ par année sur trois ans. Québec en toutes lettres s’inscrit dans le plan d’action de Québec horizon culture dont la première orientation vise à soutenir la vitalité de la chaine culturelle. La création d’un festival littéraire a pour objectif de positionner Québec comme capitale littéraire, de contribuer à la vitalité culturelle de Québec et à sa visibilité nationale et internationale.

L’Institut Canadien a une entente de partenariat avec la Mairie de Paris et son festival Paris en toutes lettres.


Qui est Jorge Luis Borges?

Que voulez-vous que je vous dise de moi ?
Je ne sais même pas la date de ma mort.

Jorge Luis Borges (1899-1986)
Pour sa première édition, le festival met en évidence l’écrivain argentin Jorge Luis Borges, à l’occasion du 200e anniversaire de l’indépendance de l’Argentine.

Né en 1899 en Argentine, Jorge Luis Borges est une des plus grandes figures de la littérature du 20e siècle. Il a créé une œuvre magistrale, traduite en de nombreuses langues, composée de nouvelles fantastiques, de poèmes, de récits, de chansons...

Lecteur passionné, Borges a occupé un poste dans une bibliothèque municipale avant de devenir directeur de la Bibliothèque nationale de Buenos Aires. Borges a enseigné à la faculté de Lettres de Buenos Aires, occupé la chaire de poésie de l'université de Harvard et donné des conférences un peu partout à travers le monde.

Borges est décédé à Genève le 14 juin 1986.

Que d’autres se vantent des pages qu’ils ont écrites;
Moi je suis fier de celles que j’ai lues.

Le premier conte écrit par Borges remonte à ses sept ans, La visière fatale, un récit farfelu inspiré de Don Quichotte. À neuf ans, il traduit Le prince heureux d’Oscar Wilde. Lecteur précoce, c’est du côté de la littérature de langue anglaise que ses premiers élans le portent, en raison de la bibliothèque de son père, dont la mère était d’origine britannique, et qui comptait plusieurs milliers de volumes. C’est ainsi qu’ayant lu et aimé une traduction anglaise de Don Quichotte, il estima ensuite l’original espagnol comme une mauvaise traduction !

Si on me demandait ce qui a compté le plus dans ma vie,
je répondrais : la bibliothèque de mon père.
Il m'arrive de penser qu'en fait
je ne suis jamais sorti de cette bibliothèque.

À l’adolescence, Borges et sa famille partent pour l’Europe et y sont retenus par la Grande Guerre. Il fera sa scolarité en français à Genève, où il apprendra aussi l’allemand et le latin. Si les débuts intellectuels de Borges se font en Espagne, il ne tarde pas, une fois de retour à Buenos Aires, à s’engager entièrement dans la vie littéraire argentine, c’est-à-dire à la création de revues éphémères, à l’écriture et à la traduction de livres, ainsi qu’à ces conversations littéraires qui ont fait la renommée des cafés de Buenos Aires. Il s’implique auprès de groupes d’auteurs émergents désireux de constituer une littérature autonome et moderne et commence à se constituer une réputation d’écrivain.

Cette période de 1921 à 1930 fut pour moi une époque d’intense activité,
peut-être en grande partie vaine et irréfléchie.

De retour en Argentine, Borges publie d’abord un recueil de poèmes en hommage à sa ville natale, Ferveur de Buenos Aires (1923).Il collabore à diverses revues à titre de critique et livre un premier recueil de nouvelles, le genre qui fera sa célébrité, Histoire universelle de l'infamie. Il écrit aussi des paroles de milongas qui seront mises plus tard en musique par Astor Piazzolla. Ce n’est qu’en 1937 qu’il obtient un premier poste régulier dans une bibliothèque, n’ayant auparavant qu’exercé que de petits emplois dans l’édition. Il demeurera en poste pendant neuf ans, où le peu de travail réel à accomplir lui permet de lire et d’écrire à sa guise. C’est durant cette période qu’il écrira les nouvelles qui seront réunies plus tard en recueils intitulés Fictions (1944) et L’Aleph (1949). Son œuvre personnelle se construit à partir de celle de ses prédécesseurs, d’Homère à Lugones : « Tout grand esprit crée ses précurseurs », dira-t-il à ce propos.

Par une ironie du sort, j'étais alors un écrivain assez connu
– sauf à la bibliothèque.
Je me souviens qu'un de mes collègues releva un jour
dans une encyclopédie le nom de Jorge Luis Borges,
ce qui le fit s'étonner de l'identité de nos noms
et de nos dates de naissance.

À la prise de pouvoir par Juan Peron en 1946, on l’affecte à « l’inspection des lapins et de la volaille sur les marchés publics », afin de le ridiculiser. Il se lance alors dans la carrière de professeur de littérature anglaise et américaine et il entreprend une série de conférences, en plus de devenir en 1950, président de la Société argentine des Écrivains, opposée à la dictature. C’est aussi à cette époque qu’il écrit, en collaboration avec son ami Adolfo Bioy Casares, des récits policiers parodiques signés Bustos Domecq et des scénarios de films. Ce n’est qu’en 1955, à la chute de la dictature, qu’on répare l’outrage fait en 1946, en le nommant directeur de la Bibliothèque nationale, mais sa vue n’ayant cessé de baisser depuis 1927, il est désormais aveugle.

Dans mon poème, je parle de l’ironie splendide de Dieu
qui m’accordait à la fois 800 000 livres à lire et la cécité.

Il y a déjà quelques générations que la cécité frappe sa famille. Lecteur insatiable, Borges retient les services de gens, parmi lesquels l’écrivain Alberto Manguel , alors jeune homme, qui lui feront la lecture à voix haute et rédigeront ce qu’il leur dicte. La couleur qui résistera à la progression de sa maladie est le jaune, ce qui n’est pas fortuit quand on considère la passion que l’écrivain portait aux tigres. Le titre d’un de ses recueils est significatif à cet égard : L’or des tigres.

Des années 1960 jusqu’à sa mort, la publication et la traduction de ses œuvres d’abord en France, puis aux États-Unis, lui assurent un rayonnement international et étendent sa reconnaissance hors de l’Amérique latine. Il reçoit de nombreux prix internationaux, devient citoyen d’honneur à plusieurs reprises et docteur honoris causa d’universités prestigieuses dont Columbia, Oxford, Michigan et la Sorbonne. Sa portée universelle aura trouvé son public.

Avec l’âge, j’ai appris à me résigner à être Borges.

À la fin de ses jours, il réalise avec María Kodama, sa compagne des dernières années, l’Atlas, un livre de photos et de textes dans lequel les lieux réels sont conçus comme un second degré de la littérature. Il l’épousera finalement en 1986, l’année de sa mort.


Mon seul but aujourd’hui c’est la paix,
le plaisir de penser, l’amitié et
– mais je suis peut-être là trop ambitieux –
un certain besoin d’aimer et d’être aimé.

L’UNIVERS BORGÉSIEN

L’univers littéraire de Borges se compose d’une multitude de thèmes : l’Argentine, l’érudition, le labyrinthe, le bestiaire, le mythe, le fantastique, le vertige, le leurre, les contraintes de création, le possible et l’impossible, la science, les langages, le fini et l’infini, le duel, le double, le miroir, le rêve, l’énigme…

Les thèmes abordés par Borges sont universels et susceptibles de toucher chacun de nous, mais le traitement dont il fait usage pour trouver une vérité est fantastique, étrange et plausible à la fois.

Le labyrinthe, c’est le lieu créé par Dédale pour emmurer le Minotaure, c’est aussi la ville qui croît de façon chaotique en engouffrant d’anciens quartiers, dont son cher Viejo Palermo, c’est l’existence humaine, une succession d’embranchements, de choix et de hasards qui forment un chemin incompréhensible, c’est aussi le temps qui passe, sur lequel on ne peut revenir qu’en pensée, en mémoire, et qui pourtant est toujours là. Le labyrinthe, c’est la bibliothèque ultime, l’ensemble des connaissances humaines qui s’entrelacent et se répondent sans jamais donner une vérité unique. Le labyrinthe, c’est en somme la réalité et la vie même.

Le labyrinthe est le symbole évident, inévitable, de la perplexité.
Toute ma vie, je n'ai cessé d'être perplexe devant l'univers,
perplexe devant le problème philosophique pour moi essentiel :
le problème du temps et de l'identité.

Le rêve, c’est le possible accès à un autre univers, à une couche de la réalité que nous ne pouvons connaître autrement qu’en dormant. L’humain passe près de la moitié de sa vie endormi, par un étrange processus de veille et de sommeil. Notre existence réelle n’est peut-être pas celle où nous sommes éveillés, mais celle où nous possédons la faculté de choisir, d’intervenir, de voler ou de nous métamorphoser : le rêve. Et lorsque nous nous éveillons, peut-être sommes-nous en train de vivre le rêve d’un endormi.

La nuit, lorsque nous rêvons, nous sommes l’acteur,
l’auteur, le spectateur et le théâtre. Nous sommes tout.

Et dans l’œuvre miroir de Borges, multiplier les mondes, produire la réalité, représenter d’autres possibilités est un exercice courant qui n’arrive pas, malgré l’ampleur de son œuvre, à épuiser toutes les alternatives que comporte le monde réel. La réalité elle-même devient une œuvre de fiction.

Les miroirs et la copulation étaient abominables
parce qu’ils multipliaient le nombre des hommes.

BORGES, LE LECTEUR PASSIONNÉ

Borges lisait beaucoup : des encyclopédies, des romans policiers, des ouvrages scientifiques, des contes, des livres sur la mythologie et la philosophie, etc.

Si je devais vivre sur une île déserte,
j’emporterais une encyclopédie.

Borges vous suggère :
Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (1832-1898)
Le livre de la jungle et autres écrits de Rudyard Kipling (1865-1936)
Don Quichotte de Miguel de Cervantes (1547-1616)
Les mille et une nuits, contes arabes
Les aventures d’Huckleberry Finn et autres écrits de Mark Twain (1835-1910)
L’île au trésor de Robert Louis Stevenson (1850-1894)
Les premiers hommes sur la lune de H.G. Wells (1866-1946)
Les œuvres de : Dante (1265-1321), Charles Dickens (1812-1870), Edgar Allan Poe (1809-1849), William Shakespeare (1564-1616) et Oscar Wilde (1854-1900).
En philosophie : le volontariste Schopenhauer (1788-1860), l’évêque idéaliste Berkeley (1685-1753) ou encore le mystique Swedenborg (1688-1772).
Des contes de tous les pays… et votre encyclopédie préférée !

(Tous ces titres sont disponibles dans le Réseau des bibliothèques de la Ville de Québec et plusieurs chez votre libraire préféré.)

Fuente : Festival Québec en toutes lettres
Québec - Canada

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